La miraculine ou baie du miracle

fruits du miracle dans un panier

 Dans cet article, nous partons Ă  la dĂ©couverte de la miraculine, Ă©galement appelĂ©e baie miracle. Ce n'est que depuis peu et suite Ă  un reportage prĂ©sentĂ© par Guy Lagache sur la chaĂ®ne D8 que les Français dĂ©couvrent massivement la baie du miracle.

D'un point de vue purement technique, la miraculine n'est ni plus ni moins qu'un Ă©dulcorant naturel au mĂŞme titre que la stĂ©via par exemple. Sa particularitĂ© la plus Ă©tonnante et celle qui lui doit sa popularitĂ© et sa facultĂ© Ă  changer les gouts acides et amers en  sucrĂ©.

Origine et découverte

la baie miracle est un petit fruit rouge qui provient d'un arbre tropical de l'ouest de l'Afrique, le Syncepalum Dulcificum

Bien que les peuples africains l'utilisent depuis la nuit des temps (notamment pour amĂ©liorer leurs repas trop fades)  la baie du miracle n'a Ă©tĂ© dĂ©couverte qu'en 1725 par l'explorateur français, Reynaud des Marchais. C'est donc Ă  partir de ce moment-lĂ  que ses bienfaits ont Ă©tĂ© rapportĂ©s en France.

Les baies miracles se pĂ©riment très rapidement et un voyage jusqu'en  Europe Ă©tant trop dĂ©licat, elle ne sera donc pas importĂ©e. Le fruit se fait cependant rapidement oublier.

 
La baie miracle refait surface dans le monde occidental en 1968 grâce au chercheur japonais, Kenzo Kurihara. Ce dernier en ayant isolĂ© la molĂ©cule de ce fruit  ouvrant de nombreuses possibilitĂ©s pour l'industrie alimentaire.

 C'est d'ailleurs Kenzo Kurihara qui lui donnera son nom de « miraculine Â» en hommage  Ă  la dĂ©nomination initiale de fruit "miracle" que les Africains lui ont donnĂ©.

Si vous souhaitez en savoir plus sur la baie miracle et son histoire complète consultez le site http://www.fruit-miracle.net.
 

Les effets de la miraculine


La baie miracle a la particularité de ne pas avoir de saveur propre, par contre, lorsque la protéine entre en contact avec les papilles gustatives, elle se fixe sur les récepteurs du gout "sucré" sans toutefois les activer. Ce n'est qu'en présence de substances acides, tels que les agrumes ou le vinaigre, que la miraculine active les récepteurs en modifiant la perception des gouts acides et amers en gout sucré.

C'est ainsi que n'importe quel vin aura le goĂ»t du Porto, une rondelle citron  aura elle le gout d'une limonade très sucrĂ©e...

Cornichon, vinaigre, pamplemousse, tabasco... vous feront découvrir des saveurs auxquels vous n'avez jamais goûté auparavant.

L'effet peut durer, entre 10 minutes et 2 heures

La première expĂ©rience avec une baie miracle est tellement surprenante qu'aux USA le phĂ©nomène a pris une ampleur considĂ©rable. On organise entre amis des soirĂ©es miraculine ... les flavors tripping. Une chaĂ®ne de Fast food oĂą la miraculine joue un rĂ´le central a mĂŞme Ă©tĂ© lancĂ©e, le concept est de se faire plaisir avec 0 calorie !

La baie du miracle et la science

Cette baie miracle est très efficace comme édulcorant lorsqu'elle est associée à des saveurs acides. Comme elle ne possède pas de sucre à proprement parler, elle constitue donc un apport calorique quasi nul, elle pourrait être utilisée par les diabétiques. Cependant, la miraculine perd son principe actif lorsqu'elle est chauffée et ne pourrait donc servir que pour édulcorer des mets froids.
Lors de chimiothérapie, les récepteurs du gout peuvent être altérés.

La miraculine aurait pour effet de masquer le gout "métallique" que les patients ressentent lors du traitement. http://www.koince.net/bienfaits-pour-la-sante-de-fruit-miracle/

Pourquoi n'est-elle pas encore  massivement commercialisĂ©e ?

Pour faire simple, elle est tout simplement interdite d'importation dans les pays de l'Union européenne pour la simple raison que la baie miracle n'était consommée chez nous avant 1997.
L'industrie agroalimentaire s'intéresse beaucoup aux exhausteurs de gout et aux édulcorants. Mais l'extraction de la miraculine est onéreuse et selon Hiroshi Ezuras de l'Université de Tsukuba, il faudra encore attendre quelques années avant de pouvoir la commercialiser à grande échelle.

Selon l'académie des sciences et lettres de Montpellier, l'usage de cette protéine a été abandonné par le fait qu'elle engendre une confusion acide / sucre trop longue. http://www.ac-sciences-lettres-montpellier.fr/academie_edition/fichiers_conf/CUQ2012.pdf
L'effet de la miraculine perdurerait de 30 minutes à deux heures, ce qui constituerait, selon Dieter Glaser, de l'Institut et Musée d'Anthropologie de l'Université de Zurich, un sérieux inconvénient. Si la biotechnologie parvenait à limiter le temps d'action par le biais de dosages minutieux, cette protéine deviendrait l'additif parfait pour sucrer les plats ou desserts acidulés sans pour autant être caloriques.